Des nouvelles, et vous dire que tout ne va pas si bien.

Des nouvelles, et vous dire que tout ne va pas si bien.

Il y a cet homme. Ce dos que je ne quitte pas du regard. Veste de cuir noir. Cheveux bruns. Il se retourne. On se croise. Ses yeux verts me touchent, me caressent, me brûlent. En une fraction de secondes. Il fuit rapidement mes yeux pour regarder droit devant lui. Je marche toujours à quelques dizaines de pas de lui, sans le perdre de vue. Il se retourne de nouveau. Je le fixe encore plus intensément. Il est beau. Ce brun, aux yeux verts. Il s'arrête et je continue à marcher. Je passe à sa hauteur. Je croise son visage, son corps et son parfum. Je ne mens pas et n'exagère rien. Il est divinement beau. Je vois qu'il tente de me suivre des yeux mais je disparais. Ca m'a rendu folle et je n'en ai pas dormi de la nuit. Je n'ai pas voulu. Je le gardais jusqu'au bout de la nuit, le préservant de ma rêverie. Je ne voulais pas tout déformer par ce subconscient si imprévisible. Mais on n'en sort pas indemne de ce genre de nuits blanches. Pourtant, j'ai l'habitude de vaciller le matin. De me perdre dans mes histoires et de me perdre moi-même. J'enfile cette robe vieux rose que j'adore, enroule ma grosse écharpe blanche autour de mon cou et sors dehors. Dehors, il fait froid. Ce n'est pas surprenant, c'est l'hiver. J'emprunte les petites allées que je me persuade d'être la seule à connaître. Je ne sais pas si c'est moi qui vois flou, ou si c'est le brouillard qui m'empêche de tout distinguer. Mais ça a peu d'importance puisque ces ruelles, je les connais par c½ur. Je m'y égare souvent. Mais soudain, je perds le fil. Il y a cette grande et fine silhouette noire. Elle se clarifie à mesure où je m'avance. Je vois qu'elle se baisse pour ramasser un briquet, il me semble. Sa tête immerge dans ma direction. Je m'arrête. Elle est là puis elle s'évapore. Bien sur, j'aurais pu lui parler mais je préfère tomber amoureuse de l'inconnu, de peur d'être déçue.
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# Posté le dimanche 27 septembre 2009 16:23

Nous fuyons quelque chose. Est ce qu'on appelle la réalité?

Nous fuyons quelque chose. Est ce qu'on appelle la réalité?



Regardez la. Le contour de son visage, ses cheveux noirs. Regardez la encore. Un peu plus, un peu plus fort. La couleur de sa peau, le manque de sincérité dans son sourire. Elle est belle. C'est presque inutile de le dire, une perte de temps. C'est comme si l'on disait que l'eau mouille. Elle n'est pas heureuse, ça il n'y a que moi qui le sais. Il n'y a que moi qui le vois. Qu'elle est triste et seule. Je n'ai même pas pitié d'elle. Peut être parce que je me dis qu'elle aussi s'en sortira. Qu'on y arrivera. On n'a pas le choix. C'est peut être aussi à cause de ce type de beauté. Cette beauté invisible et transparente. Je ne peux pas m'empêcher de croire qu'elle n'est jamais vraiment là. Qu'elle se cogne aux murs. Qu'elle n'existe pas, pas ici, pas dans ce monde. Non, dans un autre monde. Je persiste à le penser parce que je sais très bien qu'elle est plus heureuse là bas. Et parce que cela me rassure un peu.






_Deadly Curse

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# Posté le lundi 07 septembre 2009 16:17

Modifié le mercredi 09 septembre 2009 16:02

La belle Personne.

  La belle Personne.

# Posté le samedi 29 août 2009 08:43

Modifié le samedi 29 août 2009 19:05

Certains hommes font dix ans d'études pour apprendre à vous briser et ainsi à vous mettre à nu. Leur récompense, pour ces dix années, sera le pouvoir enivrant de savoir les secrets d'autrui.

Certains hommes font dix ans d'études pour apprendre à vous briser et ainsi à vous mettre à nu. Leur récompense, pour ces dix années, sera le pouvoir enivrant de savoir les secrets d'autrui.
_Le cancérologue.
Je reçois plusieurs dizaines de personnes par jour. Ils n'ont aucune certitude mais au moment où ils franchissent cette porte, ils sont déjà certains qu'il est trop tard. J'ai beau me faire rassurant, ils imaginent le pire pour se préparer mentalement. Pour affronter ce qui les attend. Quand ils franchissent cette porte, leur mine est grave et leur regard fuyant. Ils ne veulent pas lire dans mes yeux quelconque compassion, quelconque pitié. Et en une poignée de minutes, ces personnes passent d'inconnus à patients. Il y a les larmes, le silence, la colère et l'incompréhension. Tout dépend de la personne, les réactions ne sont pas les mêmes mais pour tous grandiront en eux la souffrance et la peur. Alors ensuite tout s'enchaîne et tout va vite, les consultations mensuelles, les scanners, les traitements. Cet ensemble devient un nouveau quotidien qu'ils doivent gérer, qu'ils doivent laisser entrer dans leur vie. Rien est facile, mais rien est pire non plus. Je suis plus d'une centaine de personnes; plus de la moitié sont sur le point de mourir. C'est un jour comme les autres pour le médecin que tu es, mais pour la personne devant toi c'est un fardeau. Un passage obligé qui peut lui annoncé, enfin, le meilleur ou alors le pire. En un quart d'heure, tu sais ce qu'il en est. La personne se déshabille, tu connais par c½ur son corps et son organisme et tu sais déjà pas mal de choses sur sa vie. Puis voilà, il te reste à peine cinq minutes pour te décider sur ce que tu vas dire à ce patient qui se tient en face de toi. "Vous n'avez plus que quelques mois à vivre.", "Seulement deux ans.", "Vous êtes foutu.", "Vous allez guérir." Et chaque jour tu te demandes qui aujourd'hui, va se prendre la réalité en pleine figure, nu devant toi. Une femme au foyer, seule avec 3 enfants ou alors un vieil homme marié, père et grand père, qui a coutume de mettre ses habits du dimanche pour venir te voir. Dans ce cabinet aux murs blancs, les patients y sentent la maladie, l'espoir, la douleur, l'angoisse. Il y a cette odeur, plus que présente, de désinfectant qui essaye, tant bien que mal, de dissimuler le véritable parfum mortuaire de cette pièce. Mais pour moi, homme de quarante trois ans qui ne cesse de voir des personnes dont la durée de vie se voit réduite. Qui ne sent même plus ce parfum ignoble qui émane de son cabinet. Pour moi, derrière cette porte s'y trouve ma honte, mes échecs et mes mensonges.
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# Posté le lundi 17 août 2009 16:56

Modifié le lundi 24 août 2009 19:37